Leviers et freins de la digitalisation des entreprises : retour d’expérience de Genymobile

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La digitalisation est sur toutes les lèvres mais sa réalité varie fortement d’une entreprise à l’autre… Qu’implique-t-elle sur les plans technique et humain ? Comment est-elle perçue par les décisionnaires ? Quels sont ses facteurs clés de succès ?
Voici le point de vue d’Angélique Zettor, dirigeante de la start-up numérique Genymobile.

zettorAngélique Zettor, co-fondatrice de la startup Genymobile

Genymobile adapte le système d’exploitation mobile Android à un usage professionnel au travers d’une offre de produits innovants. La solution de test d’applications Android de Genymobile est utilisée par 5 millions de personnes dans le monde, dont 74% des développeurs Android.

1. Angélique, Genymobile fait partie des entreprises pionnières dans son domaine. Comment aviez-vous identifié l’opportunité que représentait le développement d’une offre pour aider les entreprises à devenir plus flexibles et mobiles ?

Je travaillais pour une entreprise qui commercialisait des logiciels open source. On vendait aux directeurs informatiques et aux équipes.
En échangeant avec eux, mais aussi en connaissant de mieux en mieux le marché, nous avons réalisé qu’il y avait un réel manque d’outils autour de la mobilité : tout était centré autour du développement des applications mobiles sans pour autant demander l’avis de la direction informatique, qui aurait pourtant dû être au cœur de cette prise de décision.
Au final, il y avait un réel problème de protection des données et de gestion de l’information. Le déploiement, l’organisation et la protection des données étaient devenus le parent pauvre d’une révolution au cœur de laquelle ils étaient. Nous avons donc décidé de nous lancer dans un secteur où il y avait clairement un besoin auquel personne de répondait.

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2. De votre point de vue, comment se passe globalement la dynamique de digitalisation dans les entreprises sur le plan technique et humain ?

Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises sont débutantes. Cette transformation est considérée comme entamée, mais à mon avis elle ne fait que commencer. Les possibilités et les impacts de cette transformation vont être majeurs.
Au début des transformations dans les entreprises, il y a eu un fort engouement avec le BYOD (Ndlr : « Bring Your Own Device »  ou « apportez vos appareils personnels » est une pratique qui consiste à utiliser ses équipements personnels – téléphone, ordinateur portable, tablette électronique – dans un contexte professionnel).
Ces appareils qui facilitent l’accès aux informations et applications de l’entreprise posent des questions relatives à la sécurité de l’information et à la protection des données, ainsi que sociales et juridiques… Mais rien n’était vraiment préparé du point de vue de la sécurité et l’on sait à quel point la gestion de l’information et de la confidentialité est cruciale aujourd’hui.
Nous sommes dans une transformation qui se cherche encore, où beaucoup de choses peuvent évoluer et très rapidement.
On voit aujourd’hui l’émergence des réseaux sociaux d’entreprise et des messageries internes comme Slack, mais de nouvelles implications et règles sont à anticiper : quand il s’agit d’humain, les problématiques sont différentes et cela peut faire peur ou dépasser les limites traditionnelles des entreprises.

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3. Du côté de vos clients, comment la digitalisation est-elle perçue ? Est-ce une opportunité, une obligation ou plutôt un gadget ?

La digitalisation est globalement perçue comme une opportunité mais aussi un pas obligatoire dans la transformation de l’entreprise. Cette révolution n’en reste pas moins effrayante : on l’observe dans les projets que l’on accompagne. Cela remet en cause des compétences métiers (utilisation des outils) et relationnelles (management, collectif).

4. Quelle est votre vision personnelle de la digitalisation : qu’est-ce que cela permet aujourd’hui et va permettre dans les mois ou les années à venir ?

Je pense que l’entreprise de demain devra proposer du travail en version remote (à distance). La dynamique de digitalisation est accompagnée par des générations (Y et Z) qui lui ressemblent. L’entreprise va devoir s’adapter car elle peinera à se passer de la force de travail des nouvelles générations ainsi que des opportunités et des gains de productivité de la digitalisation.
Cela implique aussi de redéfinir le management dans sa globalisation : comment garder le contact, communiquer, piloter ? Tout le formel et l’informel doit être reproduits de manière virtuelle et digitale.
A mon avis, au-delà de la révolution technologique, c’est aussi une révolution managériale et organisationnelle qui doit être préparée.

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5. Quels sont les facteurs clés de succès que vous identifiez pour une transformation digitale réussie ? Quels sont les écueils à éviter ?

Le vrai facteur de réussite c’est de se faire accompagner dans chaque étape. Tant au niveau de la direction qu’au niveau des collaborateurs de l’entreprise. Une formation technique n’est pas suffisante, et il faut aller plus loin : la démarche doit être organisée, expliquée et comprise pour être sécurisée et réussie.
La transformation digitale et ses effets collatéraux ne sont donc pas encore tous sécurisés au sein des entreprises, tant techniquement qu’humainement. Tout le potentiel d’amélioration, d’appropriation par les équipes, de croissance et de développement n’est pas encore atteint.

Interview réalisée par Laure Macanda

Consultante Senior chez WillBe Group, Laure accompagne les entreprises lors de transformations ayant une forte dimension humaine. Elle pense que chaque manager et dirigeant doit pouvoir prendre des décisions, les analyser, les expliquer et les communiquer en considérant l’humain comme le moteur de son organisation

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